Choisir un nom de domaine

Le choix du nom de domaine est essentiel lors de la création d’un site Internet. Pour qu’il soit efficace, il faut qu’il soit facile à retenir, facile à écrire et être pensé pour le référencement du futur site. Cet article aborde les aspects techniques et juridiques du choix d’un nom de domaine.

Définition du nom de domaine

Le nom de domaine est la traduction de l’adresse IP d’un serveur (son identifiant) qui permet d’accéder à un site Internet qu’il héberge.

Le nom de domaine est composé de deux éléments : le nom et l’extension.
Exemple : nom de mon site « caroline-renault » | extension « .fr »
Le couple nom + extension est unique.

La gestion des noms de domaine

La première chose à savoir est que l’on ne peut pas acheter définitivement un nom de domaine. Il faut le réserver pour une durée déterminée … Et donc penser à le renouveler avant l’expiration de ce délai.

L’enregistrement des noms de domaine

Au niveau mondial, la gestion des noms de domaine est régie par l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) qui s’assure notamment de l’unicité des noms de domaine, de leur affectation et joue le rôle d’annuaire (il s’agit des DNS : Domain Name System).

L’ICANN détermine également la liste exhaustive des extensions disponibles (gTLDs) et les attribue à des bureaux d’enregistrement : les registrars. Par exemple, l’extension .fr est gérée par l’AFNIC (Association française pour le nommage Internet en coopération) et l’extension .es est gérée par l’ESNIC.

Il est désormais possible de soumettre une nouvelle extension à l’ICANN et d’en être le registrar. C’est notamment ce qui a donné lieu à l’apparition des « .bar », « .audio », « .adult », « .jobs » ou encore « .paris ».

La plupart des hébergeurs sont également registrar et se chargent de l’enregistrement de la réservation au nom de leurs clients ou de leurs prestataires.

Les contacts d’un nom de domaine

Il est important de savoir que pour chaque nom de domaine, il y a toujours 3 contacts associés avec des rôles définis :

  • Le propriétaire : personne physique ou morale à qui appartient le nom de domaine
  • Le contact administratif : personne physique ou morale qui paye la facture à la réservation du nom et à chaque renouvellement
  • Le contact technique : personne physique ou morale qui peut modifier les éléments techniques du nom de domaine (serveur associé et autres éléments DNS)

Les 3 contacts peuvent être identiques ou tous différents. Dans le cas d’une société faisant appel à un prestataire pour gérer son nom de domaine, il serait logique que le propriétaire soit la société et que les contacts administratif et technique soient le prestataire. Or dans les faits, nombre de prestataires réservent les noms de domaine de leurs clients en leur nom propre sans que cela constitue une infraction à la loi. Il faut donc être très vigilant car les conséquences ne sont pas anodines.

Pour vérifier ces informations, il est possible de consulter le « Whois » (Who is ?, carte d’identité) du nom de domaine disponible sur les sites de tous les registrars ou sur des sites spécialisés tel que domaintools ou whois.com.
Néanmoins, il est de plus en plus fréquent que les propriétaires de nom de domaine souhaitent rester anonymes.

Choisir et réserver son nom de domaine

Le choix peut être une évidence ou un vrai casse-tête selon le contexte.
D’un point de vue communication, il est préférable qu’un nom de domaine soit facile à retenir et facile à écrire.
D’un point de vue marketing, il est préférable que le nom de domaine fasse référence, selon la stratégie, au nom ou à la marque, à l’activité ou aux produits de l’entreprise.
Il ne faut pas perdre de vue que l’on peut aussi réserver plusieurs noms de domaine pour un même site Internet et mettre en place les aspects techniques appropriés pour le référencement (SEO : Search Engine Optimization).
Quel que soit le nom de domaine retenu, il sera nécessaire d’en vérifier la disponibilité.
Selon l’enjeu du projet, les conseils d’un professionnel sont recommandés.

Un marché florissant et infini

Vu le nombre d’opérateurs sur ce marché en partie régulé, on devine rapidement les intérêts économiques en jeu puisque un nom de domaine est en location perpétuelle. Les registrars sont libres de pratiquer les prix qu’ils veulent. Un nom de domaine peut donc coûter de 3 €/an à plus de 50 €/an.
Cette facilité à générer du cash a même donné lieu à l’apparition de plateformes qui surveillent les noms de domaine qui vont arriver à échéance pour tenter de les réserver si le propriétaire oublie de renouveler dans les délais, permettant ensuite de revendre ces noms de domaine encore plus chers à leurs anciens propriétaires (de 500 € à plusieurs milliers d’euros) => Je parle ici de vécu et cela ne concerne pas que les petites structures.
En effet, la législation est encore très mince sur ce sujet et la réservation d’un nom de domaine est très peu encadrée.

Protéger son nom de domaine

La meilleure façon de protéger son nom de domaine est d’être extrêmement vigilant sur le renouvellement de réservation annuelle.

Se pose alors la question des noms de domaine similaires. En effet, si je choisis « mon-nom.fr », les variantes sont infinies en tenant compte des combinaisons nom + extension :

  • sur le nom : mon_nom, monnom, monom, …
  • sur l’extension : mon-nom.com, mon-nom.net, mon-nom.org, …

On pourrait alors se dire que la seule solution pour protéger son nom de domaine est de réserver toutes les variantes pour toutes les extensions. Cela impliquerait alors un budget énorme et une veille permanente sur la création de nouvelles extensions. Des choix s’imposeront selon les objectifs du projet.

Si la loi n’a pas encore évolué pour intégrer des dispositions spécifiques aux noms de domaines, en cas de litige, on constate que la jurisprudence s’appuie sur le droit de la concurrence ainsi que le droit de la propriété intellectuelle et tient systématiquement compte de 3 éléments :

  1. Le nom fait-il l’objet d’une marque déposée ? Si oui, le propriétaire de la marque est prioritaire. Je pourrais par exemple réserver coca-cola.bar mais je ne pourrais pas l’utiliser car Coca Cola est une marque déposée
  2. Quelle est l’antériorité ? Ici on tient compte de la date de réservation du nom de domaine. Dans le cas où une marque est déposée, on tiendra compte du fait que le nom de domaine ait été réellement exploité avant la création de la marque. Par exemple, je réserve le nom de domaine « mon-nom.life » en 2016. Il se trouve que le nom de domaine « mon-nom.fr » a été réservé avant, le propriétaire de mon-nom.fr est donc prioritaire et peut me demander de ne pas exploiter « mon-nom.life ».
  3. La coexistence de deux noms similaires crée-t-elle un doute pour le consommateur ? Si la réponse à cette question est « oui », alors l’un des deux noms de domaine ne pourra pas être exploité par son propriétaire en tenant compte des deux premiers critères.

Il est tout de même important de noter que ces principes peuvent bloquer l’utilisation d’un nom de domaine sans pour autant en bloquer la réservation. Sur cet aspect, la jurisprudence a déjà été amenée à statuer. Il convient donc de rester prudent.

Note pour les puristes

Cet article a pour objectif de rendre compréhensible le sujet des noms de domaine à tout un chacun. Des raccourcis ont donc été volontairement effectués afin de ne pas rentrer dans des aspects trop techniques. Pour approfondir le sujet, nombre de ressources sont disponibles sur Internet.

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